Une parole d'expression, de création * La radio, la vidéo Autre situation vraie de communication, ouverture sur l'environnement, la radio place l'enfant au cur d'un système autocorrectif qui le conduit à vérifier, par l'écoute, la valeur et la crédibilité de sa communication. Là encore on retrouve l'interactivité entre l'oral et l'écrit car avant de passer à l'antenne, une préparation écrite, souvent sérieuse, soutient l'oralité et permet plus facilement d'improviser, de s'impliquer en direct. · En maternelle déjà ! Surprenant, non ?" Depuis le début du mois de septembre, enfants et adultes de la maternelle vivent avec émotion les premiers balbutiements de la radio. A 9 h 25, quelques-uns sont encore dans les préparatifs animés. A 9 h 30, l'émission est attendue. Elle ne dure que quelques instants mais ce court moment est devenu important. Le principe est simple : chaque jour trois enfants d'une classe, des plus grands aux plus petits, transmettent par l'intermédiaire d'un micro, d'un ampli et des enceintes, des informations aux enfants et adultes de l'école. La trame de ces informations est rituelle : date, météo, anniversaires, événement prévu pendant la journée, menu du restaurant scolaire. Le contenu du journal appartient aussi aux enfants : un enfant animateur peut transmettre aux autres ce qui lui tient à cur. Nous utilisons aussi cet outil pour transmettre les comptes rendus des conseils de cour L'animation est, elle, un peu plus compliquée : elle demande aux enfants de travailler en équipe et de penser à la fois à bien articuler, à ce qu'ils veulent dire, à quel moment il est prévu de le dire et de veiller à rester silencieux quand c'est un autre enfant qui a le micro en main. Inciter les enfants à parler pour communiquer, tel est notre objectif. Cette radio est une des actions mises en uvre cette année pour favoriser l'acquisition du langage,la prise de parole et l'écoute des autres. " Isabelle Godron (École maternelle Louis-Buton Aizenay 85) · A l'école élémentaire... l'atelier radio" L'école produit, pour la quatrième année, une émission hebdomadaire d'un quart d'heure. Celui-ci est composé de diverses rubriques : informations, lecture de textes, mise en onde (avec bruitage et musique) d'un livre qui faisait partie de la sélection du " prix littéraire ", ainsi que la production d'un groupe " radio libre " qui se réunit entre midi et deux heures, avant ou après la cantine. Pour cela, il y a une heure d'atelier par semaine. Le groupe " radio libre " est indépendant de cet atelier radio. Il est très dynamique, beaucoup plus que l'atelier radio qui a sans doute un contenu plus " scolaire ". Tout est enregistré puis diffusé sur une radio libre associative de l'agglomération de Bordeaux, le samedi matin, pour permettre l'écoute à la maison. Les enfants qui y participent sont des volontaires. Ils ont une certaine expérience (là encore, il y a continuité d'une année sur l'autre). Ce qui se réalisait en deux heures ne demande plus qu'une heure. L'intérêt, ici encore, c'est qu'il y a brassage de niveaux. Pourtant ce sont plutôt des grands. Les enfants y vont souvent par affinités. Et il y a brassage aussi entre l'atelier et le groupe " radio libre ". Dans ce dernier groupe, les plus dynamiques actuellement sont des enfants en difficulté de verbalisation (incapables d'arriver correctement au bout d'une phrase...). Nous constatons des progrès rapides, sans doute à cause du micro, mais surtout parce qu'ils savent qu'ils vont être diffusés, écoutés et parce qu'il y a une dimension créative, un jeu de parole qui existe moins dans l'atelier radio. De même, dans l'atelier radio, ce ne sont pas les meilleurs qui y vont, loin de là. Les CP ont même eu du mal à s'y intégrer, mais ils ont eu envie d'y aller et en sont revenus contents. En fait, pas de différence entre les CP et les autres : tout le monde est soumis à la même pression (le manque de temps, les nécessités techniques...). On prépare un peu dans la classe les infos, puisqu'il s'agit des informations de la classe. On se demande, avec des volontaires qui vont aller à l'atelier radio, ce qu'ils vont dire de la classe : qu'est-ce qu'on peut diffuser à l'extérieur ? Dans certaines classes, on choisit aussi les textes libres qui seront diffusés : ce sont ceux qui ont déjà été lus et corrigés. Les rubriques : informations, textes libres, reportages (réalisés lors d'une sortie), feuilleton (la 1re année du moins ; on s'est répété les années suivantes, d'où une certaine saturation), lecture d'un livre pour la sélection du prix littéraire, avec préparation (distribution des rôles, musique, bruitages...). Le manque de temps fait que l'on essaie de travailler en temps réel. L'un d'entre nous s'est spécialisé sur le plan technique et nous commençons à être bien équipés (5 micros, table de mixage), ce qui facilite le travail. Cependant le montage est réduit au minimum, ce que nous regrettons, car ce serait une excellente façon de démystifier la radio. Grâce à la durée (4e année de l'atelier radio) et à la continuité de l'équipe pédagogique, les enfants actuellement en CM ont toujours pu bénéficier de cet atelier. Ce qui serait sans doute inefficace sur un an, le devient quand on prend en compte les cinq années de présence à l'école. Cela permet à ceux qui évoluent plus lentement, ou sont timides, d'y aller plus doucement. Pour l'instant, peu de retours, à part ceux qui ont parlé et veulent s'écouter ! La première année, la diffusion le mercredi en début d'après-midi était très écoutée. Se savoir écouté, dans un " vrai " poste de radio, c'est très important ! On ne sait pas à qui on s'adresse, c'est la bouteille à la mer...Écoutent-ils maintenant la radio de façon différente ? Nous n'avons pas assez de recul pour l'affirmer. " D. et J.-L. Bellue, A. Penotécole Martinon, Gradignan · * La vidéo-correspondance " Au collège de Vedène (Vaucluse) nous recevons, en classe de 4e, une lettre-vidéo de Cérano en Italie avec une demande de correspondance de classe à classe. La coopération d'un professeur de technologie et d'une professeur d'italien, l'existence de clubs-communication pratiquant la vidéo, la télématique, le journal, la photographie... facilitent l'élaboration et la réalisation du projet. "(Pour les mêmes restriction de pages, nous ne présentons ici, que ce qui touche à l'expression orale dans la description de cette pratique) " En demi-classe, premières remarques orales sur l'ensemble puis, par écrit, chacun note les informations fournies par la lettre-vidéo... Plus tard, chaque groupe inscrit au tableau, en les présentant, les sujets choisis pour notre réponse ; au fur et à mesure, ils sont complétés. Cela permet à tous de prendre la parole face aux autres... Aux séances suivantes, à tour de rôle, un groupe de quatre élèves prépare un scénario pour présenter le collège. Les consignes ont été discutées en classe entière... Le travail se fait d'abord oralement à quatre. Ensuite le texte est rédigé, discuté avec moi, puis ils passent au tournage. Dans la lettre-vidéo de leurs correspondants italiens, les adolescents ont vu l'importance que prenait l'oral dans cette forme de communication... Ils comprennent et acceptent vite les contraintes matérielles. Autant, lors de la recherche en groupe, la parole va tous azimuts, autant lorsqu'ils s'adressent à leurs correspondants, ils se donnent la parole successivement. Ils s'entraident pour exprimer une idée, pour présenter un lieu de vie. Autour de la caméra, chacun a une responsabilité ; autour du sujet à présenter, chacun aide son camarade à prendre la parole. Celui ou celle qui a le plus de facilité présentera le groupe, sachant que dans l'année ce poste tournera... Ici, pas de communication sans coopération. " Annie Bellot(Collège de Vedène - 84) |